ECJS TS2 Greffes d'organes

Publié le par Christine GERARD

Sujets au choix:

  • Faut-il poser des limites aux greffes d'organes? Au nom de quels principe?
  • Doit-on agir face à la pénurie des dons d'organe? Si oui comment agir et dans quelles limites?

En introduction,

Penser la greffe aujourd'hui, c'est l'envisager à travers les enjeux de la société. Face aux certitudes médicales, chaque individu perçoit des incertitudes éthiques. Les défis de la science imposent la transparence, garantie d'une " nouvelle démocratie ". La greffe apparaît alors ambivalente, dans son fondement philosophique, juridique et social, comme dans sa pratique chirurgicale. Faut-il parler de don altruiste ou d'échange réciproque à propos des " éléments et produits du corps humain " ? Dans le cas d'un prélèvement sur une personne décédée, la mort devient-elle " utile " parce qu'utilisée ? S'agit-il de mutiler pour réparer, ou de reconstruire l'homme et de repousser ainsi les limites de la vie ? Sur le terrain, le nombre important des refus de prélèvements induit-il vraiment une " pénurie " d'organes ? Faut-il l'attribuer au manque d'information du public, à la méfiance à l'égard des médecins, à l'attachement à des valeurs personnelles, aux droits des familles, à l'incontournable présence de l'Etat ? Le législateur, depuis l'élaboration des lois de bioéthique jusqu'à leur application réglementaire encore inachevée, a tenté de réaliser un cadre protecteur pour la personne humaine. Y est-il parvenu ? Ces débats d'idées ainsi que les résultats inattendus de la première enquête nationale sur le don d'organes constituent le point le plus complet à ce jour sur le sujet du prélèvement et de la greffe. Ce livre* est né de la volonté d'éclairer les citoyens et d'attirer l'attention des politiques sur ce constat : la greffe existe, elle se doit de rester humaine.

4ème de couverture de *La greffe humaine: (in)certitudes éthiques : du don de soi à la tolérance de l'autre par Robert Carvais, Marilyne Sasportes

 

 

Doc1- Cinquième greffe française du visage, neuvième mondiale

(AFP) – 10/09/2009

PARIS — Un homme de 39 ans dont la mâchoire avait été emportée par un coup de fusil a été greffé du visage en août en région parisienne, ce qui constitue la cinquième opération de ce type en France et la neuvième dans le monde, a-t-on indiqué mercredi de source médicale.

L'intervention a eu lieu le 19 août dans le service du professeur Laurent Lantiéri de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, au sud-est de Paris, qui a déjà réalisé trois greffes de ce type.

"C'est la cinquième greffe de la face en France et la neuvième dans le monde", a déclaré le professeur Philippe Grimbert, qui opère dans cet hôpital.

Le patient défiguré, un ouvrier père de deux enfants, a attendu quatre ans avant d'être opéré.

Huit autres greffes du visage ont déjà été réalisées dans le monde (4 en France, 2 aux Etats-Unis, 1 en Chine, 1 en Espagne). Une Française, Isabelle Dinoire, avait été la première greffée mondiale du visage, en 2005.

Un patient âgé de 30 ans gravement brûlé, premier greffé d'une partie du visage et des deux mains au-dessus du poignet à l'hôpital Henri-Mondor, est toutefois décédé en avril dernier. Avant lui, un Chinois de 32 ans, greffé du visage en 2006, était mort en juillet 2008, après avoir délaissé ses médicaments antirejet.

Copyright © 2009 AFP.

Doc2- Cinquième greffe du visage

Par Estelle Saget, publié le 12/09/2009 sur l'Express.fr

Selon le Pr Lantieri, les greffés s'adaptent plus vite que prévu.

Un homme de 34 ans dont la mâchoire avait été emportée par un coup de fusil vient de recevoir une greffe de la face. Divorcé, père de deux enfants de 8 et 5 ans, cet ouvrier tourneur vivant en Bourgogne est resté défiguré pendant quatre ans, jusqu'à l'opération réalisée le 19 août, à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), par l'équipe du Pr Laurent Lantieri.

Le chirurgien constate, après la cinquième greffe de ce type en France, que " tous les patients se sont appropriés rapidement leurs nouveaux traits ". Vivre avec le visage d'un autre n'a finalement pas suscité chez eux les problèmes psychologiques redoutés par les pionniers de la technique, proposée pour la première fois en 2005.



Doc3- Les règles et le contrôle

http://www.ledonlagreffeetmoi.com

Le don d’organes en France, c’est très réglementé, encadré et contrôlé.
Notre système repose sur la loi de bioéthique. Il est supervisé par un organisme public, l’Agence de la biomédecine. Ses missions : qualité, sécurité, anticipation, éthique et transparence.

Si je veux savoir qui a reçu tel ou tel organe, est ce que je peux accéder au dossier ?

Absolument pas. La loi impose le strict anonymat. La famille du donneur ne peut pas savoir qui sont les personnes greffées, ni les contacter. Et réciproquement. Cela pour assurer la tranquillité de tous : pas de perturbation du deuil, pas de risques de pressions. Par contre, la famille du donneur peut demander le résultat des greffes auprès de l’équipe médicale qui a prélevé les organes.

Donner des organes, est-ce gratuit ?

Complètement. La famille n’a rien à payer pour l’opération chirurgicale et la restitution du corps. Elle n’est pas non plus rémunérée en contrepartie du don. Les organes, en France, ça ne se vend pas et ça ne s’achète pas !

On est tous « présumés consentant » au don : ça veut dire quoi ?

Après sa mort, chacun est considéré comme d’accord pour donner ses organes et tissus en vue de greffe, sauf s’il a manifesté son opposition de son vivant en s’inscrivant sur le registre national des refus. et/ou en le disant à ses proches. C’est ce que la loi appelle le consentement présumé.

En pratique, quand l’équipe médicale identifie un défunt qui peut être prélevé, elle doit interroger les proches* pour vérifier que le mort n’était pas opposé au don. Elle doit aussi interroger le registre de refus pour vérifier que le nom du défunt n’y figure pas.

Donc, présumé consentant, ça ne veut pas dire que l’on est obligé de donner ses organes, ou que les médecins sont libres de se servir ! La loi française nous donne la liberté de décider. Il faut dire son opposition au don ou au contraire réaffirmer son accord. Car c’est notre volonté qui prime, pas celle de notre famille.

Ce qui est dommage, c’est que beaucoup d’entre nous ne pensent pas à préciser leur choix à leurs proches, ce qui met leur famille dans une situation difficile en cas de décès brutal.

* Par proche, on entend la famille mais également le compagnon ou toute autre personne très proche du défunt.

Et quand on est mineur ?

Si on veut absolument donner ses organes ou ne pas les donner, la seule chose à faire est d’en convaincre sa famille : jusqu’à 18 ans, ce sont en effet les parents (ou les tuteurs légaux) qui décident.

Et si ma religion me l’interdit ?

Pour les grands représentants des religions, la vie humaine est primordiale, tout ce qui peut la sauver ne rencontre pas d’opposition de principe. Mais après, tout est question de convictions. Vous avez tout à fait le droit de vous opposer au don de vos organes pour des raisons spirituelles ou morales personnelles.

Comment se passe la répartition des organes ?

Les malades ayant besoin d’une greffe sont inscrits par leur médecin sur la liste d’attente gérée par l’Agence de la biomédecine, qui orchestre l’attribution des organes.

Les règles d’attribution, décrétées par le ministre de la Santé, sont conçues pour maximiser les chances de succès de chaque greffe, tout en étant le plus équitable possible dans la distribution des organes. Elles se basent sur de nombreux critères (voir l’animation « les règles de répartition des organes »).
La répartition des organes s’appuie sur un registre informatisé et, pour les cas prioritaires, des collèges d’experts. 


16 juillet 2008

 

Doc4- La loi de bioéthique

Les règles juridiques qui encadrent le don, le prélèvement et la greffe d’organes viennent

de la loi 2004-800 du 6 août 2004 relative à la bioéthique. Quelques précisions sur cette loi

française qui a changé l’encadrement des sciences et techniques médicales qui utilisent

des éléments du corps humain…

En France, à la fin du vingtième siècle, le progrès scientifique et technique dans le domaine des sciences de la vie a suscité un intense débat public et abouti au vote de trois lois spécifiques en 1994. Ces lois dites de bioéthique encadrent le développement du progrès biomédical et protègent les droits fondamentaux de la personne.

La plus importante est la loi n° 96-654 du 29 juillet 1994, relative au don et à l’utilisation des éléments et produits du corps humain, à l’assistance médicale à la procréation et au diagnostic prénatal.

Cette loi énonce plusieurs grands principes qui sont toujours d’actualité : le consentement présumé du donneur, la gratuité du don, l’anonymat du donneur (et de ses proches) pour le receveur et réciproquement. Elle annonce également la création d’une agence publique dédiée, l’Etablissement français des Greffes, pour encadrer et contrôler les activités de prélèvement et de greffe.

Afin de tenir compte des progrès de la recherche, le législateur a prévu une révision de cette loi au bout de cinq ans. Il faudra cependant attendre 2004 pour que la version révisée soit promulguée. Parmi les nouveautés introduites par la loi n°2004-800 du 6 août 2004 : l’élargissement du cercle des donneurs vivants et le remplacement de l’Etablissement français des Greffes par un nouvel établissement public, l’Agence de la biomédecine.

 

Vidéos:

 

vidéo introductive à plusieurs sujets dont celui-ci, à visionner en premier:

http://www.canal-u.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2005/la_famille_aujourd_hui/les_nouvelles_methodes_de_procreation_et_leur_impact_sur_la_famille

 

à regarder impérativement:

http://www.canal-u.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2000/comment_nous_soignerons_nous/les_greffes_didier_houssin

 

http://www.canal-u.tv/producteurs/biotv/dossier_programmes/bioethique/la_greffe_humaine

 

Vidéos que je vous ferai voir en classe en introduction au débat:

Qu'est-ce que la greffe? À quoi ça sert?

Pourquoi donner son accord de son vivant?

Extraits de journaux tv 1 2 3

L'homme réparé

 

Exemple de sitographie:

http://www.ledonlagreffeetmoi.com/

http://www.greffedevie.fr/

http://www.transplantation.net/txpub/showContent.do?contentid=boo.fic.refus&pageid=FDO_DOAM

 

Travail écrit à rendre par groupe:

Un dossier (ou un fichier à m'envoyer par mail) réunissant une courte introduction, des arguments illustrés par des documents ou des liens vers des documents en ligne, classés en deux ou trois parties, une conclusion, une bibliographie et sitographie.

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Publié dans ECJS Terminale

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