Cours de seconde: emploi et population active
Partie 1 : L’emploi, une question de société (plan du cours et objectifs)
Les objectifs à atteindre en vue des évaluations sont indiqués en italique
Le travail à effectuer est indiqué en script. Les sources à utiliser sont : votre livre, le CD Rom Alternatives Economiques, le CD Rom du TEF (les 2 sont au CDI), les magazines tels que Alter.éco. ou Le Monde, le site Internet de l’Insee (www.insee.fr), les dicos d’éco… sans oublier les docs joints.
Les notions à retenir absolument à la fin du chapitre (à savoir définir et réutiliser y compris une fois le chapitre terminé) sont les suivantes :
Actifs / inactifs – emploi salarié / emploi non salarié – chômage – catégories socioprofessionnelles
-
-
Définissons les termes importants
-
Qu’est-ce que la population active ?
-
-
savoir définir la population et en connaître la composition
-
A l’aide des documents n°1 et 2 p54 et 3 p55 dîtes ce qui caractérise un « actif » au sens de membre de la population active et distinguez un « actif » d’un « inactif »
-
Déterminez ainsi ce qu’est la population active et quels sont ces deux principales composantes. Pour cela complétez le schéma en bas de la p55.
-
-
-
Comment et pourquoi classifier la population ?
-
-
La population active n’est pas uniforme. On a tenté de la classifier en fonction d’un découpage en catégories socioprofessionnelles.
Document complémentaire :
Les penseurs des CSP Alternatives économiques Avril 2001
Classer, grouper les personnes partageant les mêmes caractéristiques sociales, repérer les individus dans l'espace social, autant de préoccupations récurrentes chez les penseurs du social. En France, le principe de classification utilisé lors des premières enquêtes publiques à l'instigation de Jean-Antoine Chaptal, ministre de l'Intérieur de 1800 à 1804, s'inspirait des vues des physiocrates, pour qui le critère pertinent était l'origine du revenu (terre, Etat, travail industriel, manoeuvre).
Le sociologue français Frédéric Le Play, dans son étude Les ouvriers européens (1855), dresse une typologie de la classe ouvrière en distinguant une hiérarchie de statuts ouvriers à six niveaux, fondée sur trois critères : le métier, la position et la nature du contrat.
On sait à quel point le concept de classe sociale est central dans la pensée de Marx (Le manifeste du Parti communiste, 1848), dans la mesure où il traduit la position dans les rapports sociaux de production et assigne, par conséquent, un rôle dans la lutte desdites classes.
Dans la sociologie française, si Durkheim théorise avec force l'idée de groupe socioprofessionnel (De la division du travail social, 1902) sans l'utiliser beaucoup pour ses travaux empiriques, Maurice Halbwachs, au contraire, place les classes sociales au coeur de son analyse (La classe ouvrière et les niveaux de vie, 1910). Plus récemment,enfin, Alain Desrosières et Laurent Thévenot (Les catégories socioprofessionnelles) insistent sur les trois dimensions de la nomenclature socioprofessionnelle de l'Insee :représentation statistique, elle est aussi une représentation politique et cognitive.
-
Pourquoi un tel découpage ?
-
Expliquez comment est organisée cette classification (docs 1 à 3 p92-94).
Quels sont les critères de classification utilisés (doc4 et 5 p95)
-
-
Quelle a été l’évolution …
-
quantitative de la population active depuis 1945 ?
-
-
connaître l’évolution quantitative de la population active et les causes de cette évolution
savoir calculer et utiliser un taux de variation pour commenter une évolution
savoir calculer un taux d’activité et en connaître le sens
-
A l’aide du doc13 p61 expliquez comment a évolué QUANTITATIVEMENT la population active durant le XXèmé siècle
-
Avec le doc 4 p56 expliquez ce qu’est et comment se calcule un taux d’activité puis en utilisant aussi le doc5 p56, décrivez l’évolution des taux d’activité des hommes, des femmes en fonction de leur âge depuis 1968.
-
Avec le doc 13 p61 calculez le taux d’activité de l’ensemble de la population sur les dates indiquées entre 1901 et 2002.
-
A partir des deux questions précédemment traitées, des docs 6, 8 et 10 à 16 p 57à 62 : - Trouvez deux raisons au moins expliquant l’évolution de la population active depuis 1945 en distinguant si ces raisons ont touché la population totale ou le taux d’activité.
Nous construirons ensemble un schéma explicatif des évolutions de la population active depuis 1945 en séparant les facteurs d’augmentation et les facteurs de diminution. Vous pouvez utiliser le CDRom d’Alteréco, le CDRom du TEF et le site de l’I.N.S.E.E. correction
-
Comment la population active devrait-elle évoluer durant les 50 prochaines années?(p63-65).
-
-
-
qualitative de la population active et des métiers (niveau de qualification des travailleurs et des emplois) ?
-
-
Connaître l’évolution des qualifications des travailleurs et des emplois
Savoir citer quelques facteurs qui ont concouru à cette évolution
Document complémentaire :
La société française, tendances : les dix mots-clés (extraits) Alteréco H.S. Juillet 01
(…)Emploi
Le chômage a explosé dans les années 80 et jusqu'au milieu des années 90, jusqu'à frapper plus de 12 % des actifs. La précarité dans l'univers professionnel a miné la société dans son ensemble, en pesant sur les revenus des ménages et en raccourcissant les horizons de vie. La décrue du chômage depuis 1997 est nette : la France compte un million de chômeurs de moins. Certes, le manque d'emplois réel est bien supérieur à ce qu'indiquent les chiffres officiels, mais il n'en demeure pas moins que la tendance est là : le plein-emploi semble désormais envisageable à un horizon raisonnable. Encore faudrait-il que la croissance tienne au rythme actuel encore quatre ou cinq ans. La baisse du taux de chômage ne permettra pas mécaniquement de répondre aux aspirations des salariés en termes de conditions d'emploi et de rémunération, et d'articulation entre travail et temps libre.
Catégories sociales
La poursuite du déclin du nombre d'agriculteurs et du nombre d'ouvriers non qualifiés est le fait marquant des transformations de la population active. Mais le salariat d'exécution reste très majoritaire : une frange importante d'employés peu qualifiés des services (caissiers, vendeurs, etc.) est très proche, en termes de conditions de vie et de travail, des ouvriers. Au total, le poids des catégories populaires s'est assez peu réduit. Les classes moyennes se sont développées (notamment à la faveur de l'essor des emplois relativement qualifiés dans la santé et l'éducation), même si l'ampleur que l'on donne à ce mouvement est souvent exagéré. L'encadrement s'est accru, mais cette catégorie fourre-tout comprend à la fois une partie des classes moyennes et une étroite élite dirigeante.(…)
-
A l’aide des docs p 96 et 97 expliquez quelles sont les PCS qui ont augmenté et celles qui ont diminué.
Les PCS qui ont augmenté :
Les PCS qui ont diminué :
-
Avec les pages 98 à 103 traitez plus particulièrement de l’évolution des agriculteurs, des ouvriers ou des cadres (un des 3 au choix). Expliquez les raisons des évolutions de ces trois PCS.
-
Après avoir défini au préalable les deux notions soulignées :
- reliez les évolutions observées avec l’évolution des qualifications des emplois (doc 9 p 77 à nuancer avec les docs 1 à 3 p 107 et 10 p77) puis…
-
-
avec celle des qualifications des actifs (doc9 p58)
-
Les modifications techniques entraînent la nécessité de former les salariés sinon il y a des risques de perte de productivité (cas pratique) et plus un salarié est qualifié plus il y a de chance pour qu'il puisse s'adapter facilement.
-
-
-
Comment a évolué l’emploi salarié et non-salarié depuis la fin du XIXème siècle ?
-
-
Savoir distinguer les évolutions de l’emploi salarié et non salarié
Connaître les principales causes et conséquences de cette évolution
Mais tout d’abord, Qu’est-ce qu’un salarié ?
-
Dans la population active les salariés jouissent d’un statut particulier, recherchez ce qui les caractérise (doc1 et 2 p72-73 et dico)
-
Quelle est la part des salariés dans la population active en 2003 d’après l’INSEE (doc2 p73 ou mieux insee.fr ou CDRom du TEF)?
-
Qu’apporte le statut de salarié? (cf fin cours production)
Document complémentaire : extrait de INSEE première n°749 Novembre 2000
De nombreuses créations d'emplois salariés
L'emploi total a progressé de 3% par an entre 1990 et 1999, ce qui correspond à 75 000 créations annuelles net-tes d'emplois contre 110 000 entre 1982 et 1990.
L'emploi non salarié a continué de diminuer au cours des années quatre-vingt-dix ; pour s'établir à 2,86 millions. En particulier, le nombre d'aides familiaux diminue fortement : 269 000 en 1999 après 596 000 en 1990, ce mouvement pouvant s'expliquer en premier lieu par la salarisation de certains aides familiaux et également par le recul de l'emploi agricole. Le phénomène de basculement du non-salariat vers le salariat se poursuit. Ainsi, le taux de salariat s'établit à 87,6% contre 85,6% en 1990. Cette progression est régulière depuis 1975.
Au sein de l'emploi salarié, l'apprentissage progresse fortement (+50%) mais reste faible en France (300 000 apprentis soit moins de 1,3% de l'emploi total). Les autres formes particulières d'emplois (titulaires de contrats à durée déterminée, intérimaires, stagiaires, emplois jeunes...) progressent fortement pour représenter 12,1% de l'emploi total après 7,7% en 1990. En particulier, le nombre d'intérimaires et celui des titulaires de contrats à durée déterminée augmentent vivement (+83% et +67% sur la période). Les données de l'enquête emploi montrent que cette augmentation est particulièrement marquée sur les dernières années, en liaison avec la reprise de l'emploi.
mise à jour des données (2003-2005) et document de fin de dossier
L’évolution de l’emploi salarié et non salarié
-
Les salariés sont une composante de plus en plus importante de la population active , donnez des raisons de ce mouvement de salarisation. (vous pouvez utiliser en plus les doc 7 et 10 p 77-78)
-
-
Chômage ou chômages ?
-
Pouvoir distinguer différentes situations de chômage et tracer la limite entre emploi, chômage et inactivité
savoir ce qu’est un chômeur (au sens du BIT)
Savoir répertorier les causes principales du chômage
-
redéfinissez les notions d’ « actif occupé », «actif inoccupé » et « inactif » (rappel du 1.1.1)
Sont traités dans le diaporama « chômage » les chapitres suivants (objectifs toujours en italique)
-
-
-
Quelle a été l’évolution quantitative du chômage depuis 1945 ?
-
-
Connaître l’évolution quantitative du chômage depuis 1945
-
-
-
Dans quelle mesure peut ont parler de précarisation des emplois ?
-
-
Savoir montrer le lien entre précarité de l’emploi et chômage
Connaître l’évolution de la place de l’emploi précaire dans l’ensemble des emploi et pouvoir en citer les causes et les conséquences principales
-
-
-
Chômage et précarité de l’emploi ont ils des victimes « privilégiées » ?
-
-
-
-
-
Comment peut-on espérer réduire le taux de chômage ?
-
-
Savoir présenter les grandes lignes des principales orientations possibles d’une politiques de lutte contre le chômage.
En conclusion: les pistes actuelles pour lutter contre le chômage
Piste pour lutter contre les délocalisations: le cas Volkswagen
Le fonctionnement actuel de l'ANPE
Création d'entreprise et emploi: étude de document
Insee Première n°1148 - juillet 2007
En 2005, deux créateurs sur trois sont toujours à la tête de l'entreprise qu'ils ont fondée en 2002. Ces 138 000 entreprises dites pérennes emploient alors 361 000 personnes. Ainsi, malgré l'arrêt d'activité d'un tiers des entreprises, 92 % du volume de l'emploi créé en 2002 existe toujours en 2005 ; il s'est même accru de 16 % dans les transports et de 9 % dans les services aux particuliers. La mortalité des entreprises fait baisser l'emploi non salarié tandis que l'emploi salarié progresse de 30 % dans les entreprises pérennes, dégageant ainsi un solde positif de 53 000 salariés. En réalité, un quart de ces entreprises seulement, soit 37 000, ont augmenté leur effectif salarié. Ce sont le plus souvent celles qui dès le départ affichaient l'ambition de développer leur projet et d'embaucher. La forme sociétaire, l'importance de l'investissement, la participation du conjoint à la vie de l'entreprise sont d'autres facteurs favorables au développement de celle-ci. Sur la période de trois ans, ces 37 000 entreprises créatrices d'emploi salarié demeurent toutefois de très petites entreprises : seule une sur dix a dépassé les dix salariés depuis sa création, mais une sur quatre envisage d'augmenter ses effectifs à court terme.
Créer son propre emploi : une des premières motivations
En 2002, 208 000 entrepreneurs ont créé une entreprise en France (sources). Ces nouvelles entreprises employaient au démarrage 394 000 personnes : 214 000 non salariées et 180 000 salariées.
Chaque entreprise se crée, en moyenne, avec 1,9 emploi : 1 emploi non salarié et 0,9 emploi salarié. L'emploi non salarié est généralement celui de l'entrepreneur et l'emploi salarié essentiellement constitué d'emplois sous contrat à durée indéterminée.
Dans un premier temps, la dynamique de la création d'entreprise concerne l'emploi non salarié : créer une entreprise, c'est d'abord créer son propre emploi. En effet, 70 % des entreprises n'ont aucun salarié au démarrage.
92 % du volume d'emploi créé en 2002 subsiste en 2005
Source : Insee, Enquête SINE 2002, vagues 2002 et 2005.
Au fil du temps, certains créateurs font survivre leur entreprise, d'autres la développent, d'autres encore cessent leur activité. Mais que le tandem entrepreneur/entreprise n'existe plus en soi au bout de trois ans ne doit pas pour autant être considéré systématiquement comme un arrêt de l'activité économique : certaines entreprises font l'objet d'une reprise.
Parmi les créateurs du premier semestre 2002, deux sur trois sont toujours à la tête de leur entreprise trois ans plus tard. Les facteurs favorisant la pérennité sont liés soit au profil de l'entrepreneur, comme l'expérience professionnelle, soit aux moyens investis au moment de la création mais également les années suivantes, soit encore au choix du secteur d'activité.
Globalement, les 138 000 jeunes entreprises pérennes à trois ans emploient 361 000 personnes en 2005, dont 233 000 salariées. Ainsi, malgré l'arrêt d'activité d'un tiers des entreprises créées en 2002, l'emploi dans les seules entreprises pérennes représente 92 % de l'emploi créé en 2002 (graphique 1).
L'emploi dans les jeunes entreprises pérennes à trois ans est dynamique, notamment pour celles exerçant une activité dans le transport (+ 16 %) ou dans les services aux particuliers (+ 9 %). En revanche, dans le commerce et les services aux entreprises, deux secteurs importants en termes de créations d'entreprises, moins de 80 % du volume des emplois initiaux est conservé.
L'emploi salarié progresse au cours des trois premières années
Les entreprises pérennes embauchent dès les premiers mois qui suivent la création. Au cours des trois premières années d'activité, elles augmentent le nombre de leurs salariés, tandis que leur effectif non salarié se réduit : des dirigeants changent de statut et deviennent salariés ; des conjoints collaborateurs non salariés deviennent salariés ou se retirent de l'affaire après s'être impliqués dans les débuts de l'entreprise.
Après trois ans d'activité, l'emploi salarié dans les jeunes entreprises représente 65 % de leur emploi total contre 46 % au démarrage. C'est dans l'immobilier et les services aux entreprises que la répartition de l'emploi entre non-salariés et salariés évolue le plus. Lors de la création, une personne sur quatre occupe un emploi salarié dans l'immobilier ; trois ans plus tard, cette proportion est d'une sur deux. Dans les services aux entreprises, la part de l'emploi salarié passe de 47 % à 70 %.
Ainsi, en trois ans, les entreprises toujours en activité augmentent leurs effectifs salariés de 30 % et dégagent un solde positif de 53 000 salariés.
Un quart des entreprises pérennes ont créé des emplois salariés
Source : Insee, Enquête SINE 2002, vagues 2002 et 2005.
Source : Insee, Enquête SINE 2002, vagues 2002 et 2005.
Si l'accroissement moyen est de 0,9 salarié par entreprise entre 2002 et 2005 (le nombre moyen de salariés passant de 0,9 à 1,8), 66 % des entreprises pérennes conservent la même taille. En réalité, seules 27 % sont créatrices d'emploi, et ce en majorité d'un ou deux salariés ; 7 % perdent des emplois salariés (graphique 2).
Ainsi, ce sont ces 27 % d'entreprises pérennes créatrices d'emploi, soit 37 000 entreprises, qui assurent le bilan positif, notamment en termes d'emplois salariés, de la génération 2002. Elles passent en moyenne de 2,5 emplois au démarrage à 6,0 trois ans plus tard. Ces entreprises pérennes créatrices d'emplois sont, en moyenne, des unités un peu plus importantes dès le départ.
La moitié de ces 37 000 entreprises demeurent cependant de très petites entreprises : seulement 10 % d'entre elles atteignent 10 salariés ou plus. Trois secteurs d'activité se distinguent dans ce domaine : le transport, dont 24 % des entreprises pérennes créatrices d'emploi ont au moins 10 salariés en 2005, l'industrie hors industries agroalimentaires (16 %) et les services aux entreprises (15 %) (graphique 3).
Les entreprises de la construction sont les plus dynamiques en matière d'emploi sur cette période : elles représentent 25 % des unités pérennes créatrices d'emplois alors qu'elles ne constituent que 20 % de l'ensemble des créations de 2002.
Les entreprises créées en tant que « filiales » grâce au capital d'une ou plusieurs autres entreprises, démarrent avec beaucoup plus de moyens, et 73 % d'entre elles passent leur troisième anniversaire, contre 66 % des autres entreprises. En revanche, leur part dans le volume d'emploi salarié reste stable sur les trois années (31 % de l'emploi salarié). Par ailleurs, les filiales ont davantage recours à l'emploi précaire : 15 % d'entre elles ont recours à l'intérim contre 7 % des autres entreprises ; 27 % emploient des salariés en contrat à durée déterminée (CDD) contre 17 % des autres.
Créer son entreprise avec l'objectif de la développer
Dès le démarrage, les dirigeants des futures entreprises pérennes créatrices d'emploi ont bien pour objectif le développement de leur entreprise. En effet, alors que la majorité des créateurs d'entreprises de 2002 déclarent limiter leur ambition à assurer leur propre emploi, ce n'est le cas que d'un tiers des dirigeants des entreprises qui s'avèreront pérennes et dynamiques. Dès 2002, 65 % de ces dirigeants déclarent que leur objectif principal est de développer fortement l'entreprise en termes d'emploi et d'investissement (contre 46 % en moyenne).
Dynamiques en termes d'emploi, ces entreprises pérennes créatrices d'emploi le sont également sur le plan de leur chiffre d'affaires et des investissements réalisés. Dans 74 % des cas, le chiffre d'affaires est supérieur à 75 000 euros en 2004 (seulement 40 % des entreprises pérennes atteignent ce montant) et 27 % précisent que ce chiffre d'affaires a beaucoup augmenté au cours des deux dernières années. Les entreprises pérennes créatrices d'emploi ont, pour 80 % d'entre elles, réalisé des investissements au cours des deux dernières années, ce qui n'est le cas que de 68 % de l'ensemble des pérennes. L'augmentation du chiffre d'affaires, signe de développement de l'entreprise, est souvent un signe annonciateur d'embauches.
Forme sociétaire et conjoint collaborateur : facteurs d'emplois
Le fait pour une entreprise d'avoir embauché au moins une personne supplémentaire au cours de ses trois premières années d'existence dépend de multiples facteurs. Une régression qualitative a permis de séparer leurs effets (tableau). Ainsi, après avoir éliminé l'effet des autres facteurs pris en compte, la probabilité pour que l'entrepreneur ayant émis dès 2002 le souhait de développer son entreprise embauche dans les trois premières années suivant la création est sensiblement plus élevée que pour celui qui souhaitait prioritairement assurer son propre emploi. De même, la probabilité pour une entreprise d'avoir embauché une personne supplémentaire au cours des trois premières années est nettement plus élevée pour une société que pour une entreprise individuelle. En effet, les entreprises pérennes créatrices d'emplois sont très majoritairement des sociétés : 70 % le sont alors qu'elles ne représentent que 45 % des entreprises qui se sont créées en 2002.
Le conjoint n'est déclaré en conjoint collaborateur dans les effectifs de l'entreprise de 2005 que dans 6 % des cas ; cette aide représente, une fois sur deux, plus de deux jours par semaine et porte principalement sur les domaines administratif, financier ou de gestion. Toujours après avoir éliminé l'effet des autres facteurs pris en compte dans la régression, lorsque le conjoint participe à la vie de l'entreprise et s'y implique, celle-ci a embauché beaucoup plus souvent du personnel qu'une entreprise à laquelle le conjoint ne participe pas.
En revanche, les entreprises classées dans les secteurs dits « innovants » ont moins embauché, ce qui peut s'expliquer par le contexte financier plus difficile de ces entreprises, qui pour la plupart dégagent peu de profits dans les premières années.
Tableau : Caractéristiques d'une entreprise qui favorisent la création d'emploi
| Caractéristiques |
|
|---|---|
| Perspectives d'avenir à la création en 2002 |
|
| Assurer son propre emploi | 1 |
| Développer son entreprise | 1,4 |
| Évolution du chiffre d'affaires |
|
| A beaucoup diminué | 0,5 |
| Est à peu près stable | 0,7 |
| A un peu augmenté | 1 |
| A beaucoup augmenté | 1,6 |
| Entreprise dite « innovante » |
|
| Oui | 1 |
| Non | 1,3 |
| Participation du conjoint à la vie de l'entreprise |
|
| Oui | 1 |
| Non | 0,5 |
| Perspectives d'embauche en 2002 |
|
| Envisagée | 1 |
| Non envisagée | 0,5 |
| Perspectives d'embauche en 2005 |
|
| Envisagée | 1 |
| Non envisagée | 0,5 |
| Catégorie juridique |
|
| Société | 1 |
| Entreprise individuelle | 0,5 |
Tous les chiffres sont significatifs au seuil choisi de 5 % par rapport à la situation de référence.
Lecture : une régression qualitative a été effectuée pour comparer la probabilité que les entreprises embauchent au moins une personne supplémentaire au cours de leurs trois premières années d’existence. Les coefficients indiqués dans le tableau correspondent au rapport des probabilités estimés par ce modèle. Plus ce coefficient est élevé plus l’effet de la caractéristique étudiée est fort. Ainsi, un entrepreneur qui déclare souhaiter développer son entreprise (coefficient = 1,4) a beaucoup plus de chances d'embaucher une personne supplémentaire qu'un entrepreneur qui déclare souhaiter prioritairement assurer son propre emploi (coefficient = 1).
La liste complète des variables introduites et les résultats de l'ensemble de la régression figurent dans un tableau présenté en données complémentaires dans la version de cet Insee Première mise en ligne sur le site insee.fr.
Source : Insee, Enquête SINE 2002, vagues 2002 et 2005.
Augmenter encore les effectifs salariés à court terme
La moitié des entreprises créatrices d'emploi entre 2002 et 2005 ont eu recours à des emplois occasionnels au cours des deux dernières années : intérimaires, contrats à durée déterminée ou autres contrats occasionnels.
Les perspectives des entreprises pérennes et dynamiques en termes d'emploi sont très encourageantes : un quart d'entre elles envisagent encore en 2005 d'embaucher à court terme. Si 13 % des embauches envisagées sont destinées à faire face au départ de salariés, 87 % seraient des créations de nouveaux postes. Quatre entrepreneurs sur cent seulement envisagent de réduire leurs effectifs. Ces résultats sont d'autant plus positifs que les chefs d'entreprise ont visiblement des idées précises sur leur projet d'entreprise. En effet, toutes choses égales par ailleurs, ceux qui avaient déjà l'intention d'embaucher prochainement lors de la première enquête en 2002 l'ont fait nettement plus souvent que les autres.
Les cessations dans les trois premières années d'activité
Le schéma d'emploi de l'entreprise au démarrage – 1,9 emploi en moyenne (1 non-salarié et 0,9 salarié) – est quasiment identique, que l'entreprise s'avère pérenne à trois ans ou bien qu'elle cesse son activité avant la troisième année d'existence. Les entrepreneurs qui ont arrêté avant trois ans étaient moins souvent en activité professionnelle juste avant la création de leur entreprise : 47 % étaient actifs contre 55 % pour les dirigeants qui sont toujours à la tête de leur entreprise trois ans plus tard. Parmi les entreprises qui ont cessé leur activité, 30 % relèvent du commerce alors que ce secteur ne représente que 25 % des unités pérennes. La proportion d'entreprises individuelles est également plus importante parmi les cessations que parmi les entreprises pérennes.